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Contes participatifs et anthropologie de l’enfance

Contes participatifs et anthropologie de l’enfance

Les recherches en sciences sociales portant sur l’enfance se sont développées et instituées dans les années 1990-2000. Jusque-là, les pratiques enfantines ne suscitaient que peu d’intérêt pour les sociologues et anthropologues, les enfants étant principalement perçus comme des « êtres en devenir », en transition vers le statut d’adulte (Hirschield : 2003). Suite à des changements sociaux et épistémologiques, l’enfance se voit peu à peu étudiée comme construction sociale et culturelle et se constitue progressivement en catégorie d’analyse à part entière.

 

Dans cette perspective, les recherches mettent désormais en évidence le caractère pluriel de l’expérience enfantine : « elles ne portent plus sur les enfants - et encore moins sur l’enfance - mais sur des enfants, caractérisé.es par leur âge, leur genre, leur classe, leur catégorisation ethno-raciale, leurs lieux et modes de vie… » (Perronet : 2018, 83). Une des approches actuelles consiste à analyser les pratiques autonomes que développent les enfants dans le cadre des processus de socialisation dont ils font l’objet, tout en questionnant ce que leurs pensées et interactions enfantines doivent aux adultes. En effet, pris dans des institutions et des rapports sociaux multiples qui structurent leur expérience, les enfants expérimentent et assimilent les règles sociales, se réapproprient entre pairs les normes insufflées par les adultes, repassent au crible de leur jugement les injonctions reçues. Ils produisent également une culture qui leur est propre, faite de pratiques et de savoirs qu’ils doivent apprendre à maîtriser techniquement et socialement afin de trouver leur place dans le groupe (Delalande : 2001).

 

C’est dans cette lignée que s’inscrit le projet « les Passe-murailles », projet mêlant enquête ethnographique et création artistique sur la question de l’interculturalité, telle qu’elle est perçue et vécue par des enfants de 6 à 9 ans. La démarche vise à créer des contes collaboratifs avec des enfants dont les parents sont d’origine étrangère, arrivés en France suite à des parcours migratoires divers, choisis ou subis. Les contes seront conçus autour des récits de vie des enfants, à l’issue d’une recherche de type ethnographique. Celle-ci aura pour objectif d’accroître les connaissances sur le rôle qu’ont les enfants dans l'appropriation, la réadaptation et la transmission qu'ils font des différentes cultures et langues auxquelles ils sont confrontés au quotidien: celle de leur culture d'origine, familiale et celle transmise par d’autres institutions telles que l'école ou les accueils de loisirs.

 

En effet, la question de la transmission de la culture et de la langue aux enfants se pose aux parents en situation d’immigration. Ces questionnements sont parfois mis en tension avec la société dans laquelle ils résident où, notamment dans le cadre du système scolaire ou dans les activités de loisirs, les enfants sont immergés dans d’autres systèmes normatifs et linguistiques qu’à la maison.

 

Moyen de communication mais également signe d’appartenance à un groupe, moyen d’intégration mais aussi d’assimilation voire d’acculturation aux normes du groupe dominant, l’usage des langues par les enfants de parents immigrés pose de nombreuses questions sociales et culturelles, sur la place laissée au plurilinguisme et au multiculturalisme dans la société. (Abdelilah-Bauer : 2006).

 

Par ailleurs, le quotidien des enfants est fortement structuré par le cadre domestique et par le cadre scolaire, avec leurs injonctions éducatives relativement distinctes. Chaque enfant doit composer entre ces différents univers, quel que soit son milieu social ou l’origine culturelle des parents. Des études (principalement en milieu scolaire) ont déjà souligné comment les classes sociales ou encore le genre impactaient les rapports sociaux entre enfants et entre enfants et adultes au quotidien : usage d’un certain vocabulaire, choix des jeux, inégale habitude à donner son point de vue, réseaux de sociabilité, éloignement plus ou moins marqué de la culture des adultes… autant d’éléments contribuant à une reproduction des rapports sociaux ayant cours dans le monde des adultes. 

 

Mais qu’en est-il de l’interculturalité, telle qu’elle est perçue et vécue par les enfants de parents immigrés ?

Quelle vision ont-ils de ces différents univers symboliques qu’ils croisent au quotidien?

Comment vivent-ils ces différences et contribuent-ils à l’univers culturel des adultes?

Comment perçoivent-ils leur place au croisement de leurs différents groupes d’appartenances, culturels et linguistiques?

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